Comment s’y prendre avec un enfant qui a tendance à mentir ?

Quand votre enfant vous ment, cela suscite un puissant mélange d’émotions. Vous pourriez vous sentir en colère, blessé et offensé d’un seul coup. Le mensonge est extrêmement bouleversant pour les parents parce qu’il ébranle le fondement de la confiance parent-enfant. Il est donc compréhensible et normal que vous ayez une réaction émotionnelle à un mensonge, qu’il s’agisse d’un mensonge élaboré et “prémédité” ou d’un mensonge impulsif que votre enfant raconte parce qu’il ne s’est tout simplement pas arrêté pour réfléchir. 

Réagissez de manière appropriée

Peu importe à quel point vous vous sentez en colère, blessé ou offensé lorsque vous attrapez votre enfant dans un mensonge, il est important de lui répondre d’une manière calme et mesurée plutôt que d’une manière émotionnellement réactive (par exemple “Comment oses-tu me mentir ? Je ne te ferai plus confiance !” Lorsqu’on réagit de façon excessive sur le plan émotif, cela permet aux enfants de se concentrer sur le comportement déraisonnable et les détourne parfois de leur responsabilité personnelle à l’égard de leur comportement.

De même, il est important de ne pas réagir de façon excessive en imposant une conséquence disproportionnée ou inappropriée qui ne correspond pas aux circonstances (ex : “Tu es puni pendant un mois ! Pas de jeux vidéo ! Pas de voiture !”). Même si le fait d’infliger une punition peut vous aider à vous sentir mieux sur le moment, cela n’aidera pas votre enfant à tirer des leçons de son erreur. Souvent, les enfants préfèrent simplement ” purger leur peine ” plutôt que d’avoir une conversation significative avec leurs parents sur les raisons et l’impact de leur mensonge. Mais c’est en discutant du mensonge que votre enfant apprend et que vous pouvez l’aider à faire de meilleurs choix pour qu’il adopte un comportement responsable plus constant.

Identifiez les causes du mensonge et conscientisez votre enfant

Parler de la raison pour laquelle votre enfant a menti est une occasion pour lui d’apprendre de ses erreurs de trois façons.


1. Il prend conscience de l’impact émotionnel du mensonge sur les autres

Les mensonges ne se produisent pas dans le vide. Ils touchent beaucoup d’autres personnes, des frères et soeurs aux pairs en passant par les enseignants et les entraîneurs, selon la nature du mensonge et les conséquences qui en découlent. Parce que les enfants ont tendance à ” sauter avant de regarder “, ils ne réalisent souvent pas comment leurs actions affectent les autres, jusqu’à ce que vous les en informiez.


2. Cela les sensibilise davantage à l’impact que le mensonge a sur eux

Les enfants peuvent ressentir de la culpabilité, de la honte et une perte de respect de soi et d’estime de soi lorsqu’ils mentent. Ils perdent leur liberté et doivent subir plus de supervision parentale. Il est utile de parler ouvertement de ces réalités avec votre enfant pour qu’il prenne davantage conscience de l’impact qu’il a sur sa personne lorsqu’il ne dit pas la vérité.


3. Il enseigne aux enfants l’importance de valeurs fondamentales solides

Un système de valeurs ne peut pas être variable ou spécifique à une situation, il doit être cohérent pour avoir un sens. Le système de valeurs de votre enfant est la pierre angulaire de la confiance dans votre relation. En parlant du mensonge avec votre enfant, vous lui donnez l’occasion de mieux comprendre les conséquences de ses actes et, en fin de compte, d’être plus honnête.

La discussion, comment aborder sereinement pour réussir?

Ne vous contentez pas de participer à cette conversation. Après avoir pris le temps de vous calmer et de prendre un peu de recul, mettez-le en place en gardant ces quatre points à l’esprit.

1. Établir les conséquences ou la perte de privilèges

Le mensonge entraîne obligatoirement des conséquences. Faites-le comprendre à votre enfant. La conséquence la plus fréquente est la perte de privilèges pour une période donnée. Vous pouvez suspendre un privilège lié et proportionnel au mensonge. 

Par exemple, quand votre fils vous dit qu’il y aura un adulte responsable qui chaperonnera une fête à laquelle il participera et que vous découvrirez plus tard qu’il n’y en a pas eu. Vous pouvez donner “une conséquence” appelée “vérification”. Dans un avenir prévisible, votre enfant perd le privilège d’aller à n’importe quelle fête jusqu’à ce que vous ayez vérifié qu’il y aura un adulte sur place.

Ou peut-être aussi que votre fille utilise la voiture familiale pour aller là où elle n’est pas autorisée. La conséquence pourrait être qu’elle ne pourrait utiliser la voiture que pour se rendre et revenir de l’école et qu’en plus, vous vérifierez le compteur kilométrique. Lorsqu’elle démontre qu’elle peut suivre les règles avec la voiture pendant deux semaines, elle obtient le droit de conduire.

Il est important de ne pas accorder de privilèges pendant un certain temps, car cela permet à l’enfant d’entrer dans une période de réflexion. Ainsi, le temps qui est normalement passé au téléphone ou avec un Play Station est passé à penser à dire la vérité et à être réfléchi, et non, réactif.

2. Une des conséquences du mensonge, la discussion

Certains enfants ne voudront pas en parler du tout. Cela suscite des émotions qui les mettent très mal à l’aise, et ils résisteront à tout prix. Dans ce cas, expliquez-lui que la perte de privilèges reste en vigueur jusqu’à ce qu’il ait une conversation significative. D’autres enfants voudront peut-être en parler rapidement pour en finir avec les conséquences. Il était plus efficace de maintenir la suspension des privilèges en vigueur pour la période de temps que vous spécifiez et de ne pas l’interrompre peu de temps après que la conversation a eu lieu. Donc, si vous lui enlevez son téléphone cellulaire pendant une semaine et qu’il décide d’avoir la conversation le deuxième jour, il perd tout de même l’accès à son téléphone cellulaire pour le reste de la semaine. Les privilèges reprennent dès que les deux conditions sont remplies.

3. Établissez le cadre avant d’avoir la conversation

Parler d’un sujet comme celui-ci peut sembler très important à votre enfant, et il se peut qu’il ne sache pas par où commencer ou ce qu’il faut anticiper. Vous pouvez lui dire :”Voici des choses auxquelles j’aimerais que tu penses avant qu’on parle.” Donnez-lui ensuite une liste de trois ou quatre questions ouvertes à considérer. En voici des exemples.

  • Qu’essaies-tu d’accomplir quand tu as menti ?
  • (Si le mensonge impliquait des pairs) Comment définirais-tu une amitié saine ?
  • (Si le mensonge impliquait de violer les règles de la maison ou de la famille) Comment as-tu décidé que le mensonge était un moyen de gérer ta frustration face à nos règles/attentes ? Si tu n’es pas satisfait d’une règle parce que tu nous considères comme trop restrictifs ou protecteurs, que pourrais-tu faire à part mentir ?
  • Posez des questions sur la confiance, par exemple : A l’avenir, quelles sont les raisons pour lesquelles on devrait croire que tu tiendrais parole ?
  • Que ferais-tu différemment la prochaine fois que tu te retrouveras dans cette situation ?

4. Pas de sermon. Évitez le mot “pourquoi”

Lorsque vous établissez les conséquences, que vous établissez le cadre et que vous avez la conversation, évitez la tentation émotionnelle de faire la leçon à votre enfant au sujet du mensonge. Restez calme en posant des questions ouvertes auxquelles il est impossible de répondre par un simple oui ou un non. Evitez le mot “pourquoi”. Demandez à votre enfant ” Pourquoi il a menti sur le fait d’aller à la fête risquerait d’entraîner une lutte de pouvoir et une attitude défensive qui entraveront l’apprentissage.

Une fois que vous avez donné à votre enfant le cadre et qu’il a bien réfléchi, ayez la conversation. Vous pouvez utiliser le cadre que vous avez défini comme guide.

Comment savoir que l’enfant en a appris quelque chose ?

Vous savez mieux quand votre enfant est authentique ou vous dit simplement ce que vous voulez entendre. Les enfants démontrent généralement qu’ils apprennent de leurs erreurs en parlant ouvertement et sincèrement des raisons pour lesquelles ils ont fait le faux pas. Ils montreront aussi généralement un certain niveau de tristesse, de culpabilité ou de honte émotionnelle authentique. Pour la plupart des enfants, mentir ne fait pas du bien. Dans votre conversation, laissez-leur le temps d’en parler et d’expliquer pourquoi ils ne se sentent pas bien. Certains enfants peuvent mentir régulièrement, mais ne se font prendre que rarement. C’est pourquoi lorsque vous découvrez que votre enfant n’a pas dit la vérité, il est important d’avoir une conversation structurée qui met en lumière l’impact de son mensonge. Ce n’est pas une conversation que votre enfant aimera avoir, mais le résultat de cette conversation et un enfant qui a plus de respect pour lui-même, pour vous et les autres, un enfant en qui vous pouvez avoir confiance.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *